Délégation Aude-Roussillon

Témoignage de Marie-Claude, bénévole à Narbonne

Marie-Claude a découvert que le projet du Secours Catholique correspondait à ses valeurs et à ses compétences. Elle s’est engagée.

Marie-Claude, peux-tu te présenter ?
J’ai travaillé comme assistante sociale, conseillère conjugale et médiatrice familiale. Je suis à la retraite et vit à Narbonne depuis 2005. J’ai deux enfants, deux petits-enfants et j’ai encore mes parents qui vivent à Perpignan.

Comment as-tu connu le Secours Catholique ?
Cela me paraissait évident de faire quelque chose à la retraite. Je voulais faire autre chose que consommer de l’activité. Je suis allée au forum des associations. J’ai rencontré plusieurs associations sans concrétiser avec elles. Dans les semaines qui ont suivi, j’étais dans une salle d’attente d’un médecin dont les fenêtres donnaient sur le local du Secours Catholique de Narbonne. Cela a provoqué ma curiosité. Mon premier contact a été extrêmement chaleureux, ce qui m’a donné envie d’en savoir plus. Puis, j’ai découvert que le projet du Secours Catholique correspondait à mes valeurs et compétences et je me suis engagée.

Quelle a été ton activité tout au long de ces années ?
J’ai commencé à faire de l’accueil pendant trois-quatre ans. Assez vite, je suis devenue trésorière adjointe. Par la suite je me suis posée la question de continuer ou non ce bénévolat, car la manière de répondre aux demandes ne me satisfaisait pas. On avait des permanences de vingt personnes, on donnait, on ne maîtrisait rien. Un comité de pilotage a été mis en place pour mettre tout à plat. Le projet a changé et on s’est ouvert sur l’accompagnement. Un espace rencontre a été créé pour permettre aux personnes de venir nous rencontrer, partager un moment, parler de leurs difficultés sans recevoir forcément un secours. Il y a eu des rencontres intéressantes. Il fallait faire vivre cet espace. Ne pouvant pas tout faire, je m’y suis investie et j’ai arrêté l’accueil. J’y participe car membre de la commission locale en tant que trésorière, j’apporte un regard extérieur et du recul pour discerner les situations rencontrées à l’accueil et y répondre de la manière la plus adaptée.

Qu’est ce qui te fait rester au Secours Catholique ?
Tant que le projet de l’équipe me conviendra, je pense que je resterai. Un projet est toujours à interroger pour aller plus loin, ne pas s’endormir, ne pas céder à la routine ! Au moment du comité de pilotage, de nouveaux bénévoles possédant une « intelligence du cœur » nous ont rejoints et ont adhéré au projet. Mon souci est de ne pas retourner au distributif. C’est un risque qui menace le contrat d’accompagnement. Je voudrais [insister auprès de] tout le monde (accueillis, accueillants, services sociaux) [sur le fait] que notre rôle est de trouver avec les personnes qui rencontrent des difficultés des solutions à leur problème et non de dire que nous faisons de l’aide alimentaire ou financière. C’est une question de communication et de pédagogie.

Qu’est-ce que t’apporte ton bénévolat ?
Une place, une reconnaissance. Lorsqu’on est à la retraite, on peut avoir le sentiment de ne servir à rien. Dans notre société, on a un statut parce que l’on a un emploi ou parce que l’on est la « femme de », la « mère de ». Je ne me voyais pas passer mon temps à « consommer des activités ». En fait, j’ai besoin de contact et de me sentir utile.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?
Mon souci, c’est d’équilibrer mes engagements variés et mon bien-être personnel.

Que peux-tu nous dire sur l’emploi à partir de ton expérience ?
Si je pense aux personnes que nous accompagnons, qui vivent au jour le jour, sans projet, sans estime de soi, avant d’envisager un emploi il faut déjà travailler sur certains aspects. Par exemple, qu’elles reprennent des habitudes de vie : se projeter, respecter un rendez-vous. « Une nouvelle société est à inventer. » Dans la société actuelle, il faut travailler pour avoir une place et s’épanouir. Elle culpabilise les sans-emploi, les « assistés ». Mais on peut aussi s’épanouir, avoir une place dans la société en dehors d’une activité salariée. Mener un travail en direction de l’emploi ? On va s’épuiser. Aider les personnes qui sont très motivées, oui, mais inutile de croire qu’on va le faire pour tous dans le contexte actuel et dans notre région particulièrement touchée par la crise.

Il faut inventer d’autres manières d’exister. La mission du Secours Catholique est d’aider les personnes à [devenir] acteurs de leur vie. Cela passe par un réseau de solidarité, d’échange de savoir et de compétences. Des pistes plus concrètes sont aussi à [étudier]. Par exemple, rénover des appartements insalubres avec des bénévoles compétents et des accueillis pour permettre à leurs habitants de diminuer leur consommation électrique. C’est peut-être possible de structurer quelque chose autour de cette idée. Autre piste : les jardins solidaires.

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