Délégation Aude-Roussillon

Chantier Urbain : équipe de Vernet-Salanque

Créer du lien social

Avec l'équipe de Vernet-Salanque

« N’ayez pas peur ! » En écoutant les quatre bénévoles qui animent l’équipe de Vernet-Salanque, ce sont les mots de Jean-Paul II qui reviennent à l’esprit.

« N’ayez pas peur ! » Maïté, l’une des bénévoles, le dit à sa manière, c’est de « l’audace » qu’il nous a fallu pour nous lancer dans cette entreprise. Toutes partagent son opinion, au début cette expérience n’a pas été facile, disent ensemble Anne-Marie, Marie-Espérance et Maryse, nous avions à nous confronter à de nombreux obstacles, mais aussi à lutter contre nous-mêmes. En cela cette équipe du Secours Catholique Roussillon Nord [1], dont Cathy est l’animatrice, est exemplaire. Elles se réunissent, tous les mardis, dans un appartement HLM de Vernet-Salanque, dans les quartiers nord de Perpignan, et ouvrent leur porte à tous ceux et celles qui souhaitent se rencontrer, parler ensemble, apprendre à se connaître dans cet ensemble d’immeubles qui abrite nombre de communautés très hétérogènes.

Quel est, ici, votre objectif ?

Maïté, qui est la responsable de l’équipe, prend la parole : « C’est de créer du lien social dans un univers où l’isolement et l’exclusion sociale sont les principaux problèmes. »

Comment cette action s’est-elle mise en place ?

« Cette équipe est née de la volonté du Bureau (de la délégation du Secours Catholique de Perpignan à l’époque) qui était de donner une priorité, avec Marie-Noëlle dans ces premiers temps, à la partie nord de Perpignan et de créer des liens avec la paroisse, par exemple dans une démarche diaconale, précise Anne-Marie. Notre équipe est née il y a deux ans pour pratiquer une nouvelle forme de la politique des aides.

Comment procédez-vous ?

Maïté explique : « D’abord, nous nous efforçons de développer l’échange, l’entraide. Il s’agit de permettre à la personne de trouver des lieux où elle se sente utile, où elle donne à son tour. Aujourd’hui nous fêtons les Rois avec les mamans du quartier. Quarante enfants ont eu la surprise de voir une conteuse animer leur après-midi mais surtout, à côté des galettes des Rois et des couronnes d’or, les mamans ont apporté quantité de gâteaux plus tentants les uns que les autres.

Maryse précise un nouvel aspect de leur accompagnement : « Notre but est d’accompagner la personne vers son autonomie. Nous faisons connaître aux accueillies les divers services auxquels elles peuvent s’adresser, comme cette maison de quartier toute proche qui dépend des services municipaux. Nous partageons aussi avec les institutions du quartier, avec l’école par exemple, tous les moments forts qui animent l’année. »

Anne-Marie ajoute encore : « Si nous observons une situation de grand dénuement, rien ne nous interdit d’intervenir et, après plusieurs entretiens, je propose l’aide financière du Secours Catholique, mais cette situation demeure extrêmement rare. »

Quel sens donnez-vous à votre action dans ce quartier ?

C’est Marie-Espérance qui répond : « Notre but est d’apprendre à accepter l’Autre dans sa différence ; ne rien demander mais accueillir sa parole. Et l’extraordinaire se produit : nous écoutons ces mamans nous parler de leurs coutumes qu’elles partagent en montrant l’album photo de leur enfant, par exemple, et elles se confient. Ce qui naît alors, c’est la confiance. »

Devant cette expérience, nos quatre bénévoles parlent de « merveilles ». Elles osent à peine croire que cet espace de parole, de liberté, de confiance s’épanouit et que de plus en plus nombreuses sont les femmes qui poussent leur porte. C’est là que Maïté, Anne-Marie, Marie-Espérance et Maryse sont extraordinaires. C’est qu’elles font simplement, quotidiennement ce qu’enseigne la Bonne Nouvelle : voir en chacun un frère et en tout homme un élément essentiel de la grande famille humaine. En outre nos quatre bénévoles ont des projets : « Nous voulons faire connaître les situations intolérables, proposer des réflexions ou des pistes de propositions aux pouvoirs publics, confie Maïté, pour contribuer à y remédier. »

Merci à vous, Maïté, Anne-Marie, Marie-Espérance et Maryse, qui parlez avec tant de conviction, d’enthousiasme et d’émerveillement. Merci d’avoir exposé, chacune avec votre sensibilité, l’essentiel de votre action, cet amour du frère qui est au cœur même du Secours Catholique.

Suzanne Olive

[1] Voir rubrique Nous connaître.

Imprimer cette page

Faites un don en ligne