Délégation Aude-Roussillon

Chantier Rural : équipe de Baixas

Le choix de la solidarité internationale

Chantier Rural

« Venez vite vous réchauffer à notre feu », me dit Pierre en m’accueillant ce froid mercredi de décembre dans les locaux du Secours Catholique à Baixas. Baixas, le nom de ce village est à lui seul un véritable passeport pour les Catalans…

C’est vrai que je me suis réchauffée à la chaleur de cette équipe, grâce à son extraordinaire cordialité, à sa contagieuse énergie, à sa surprenante vitalité. C’est tout cela, en effet, que j’ai trouvé en découvrant cette équipe. Il faut dire qu’ici tout a une histoire et que tout le monde parle à la fois !

Le bâtiment que vous occupez est magnifique, quelle est son histoire ?

Pierre, le responsable de cette équipe, est tout fier de faire visiter les lieux : « C’est une ancienne école tenue par des religieuses ; à l’étage les pièces portent encore le nom des salles de classe… Au moment de la loi de de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, une association s’est portée acquéreur de ces murs, l’Association de Saint-Jacques, et depuis c’est elle qui gère ce bien qu’elle met à la disposition de la catéchèse et du Secours Catholique. Ces locaux, sont très vastes et c’est parfait, car ici on a tant de choses à vendre !

On y propose, comme dans beaucoup d’équipes, le vestiaire et l’aide alimentaire, mais on y trouve aussi les objets les plus inattendus : un landau – qu’une jeune maman achetait ce jour-là –, de la vaisselle, des machines à laver, des meubles, que Jacques, Claude et moi allons chercher chez les donateurs, on démonte, on remonte et… on livre ! »

Comment votre équipe est-elle organisée ?

Pierre reprend la parole : « Les bénévoles de cette équipe se connaissent depuis si longtemps (de toute la vie, me précise-t-il) que chacun a sa place, son histoire. »

« Moi, j’ai la responsabilité de la lingerie, m’explique Thérèse, et pendant le vide-greniers j’arrive à faire bien monter la cagnotte en vendant de beaux draps d’autrefois, brodés à la main et aujourd’hui très recherchés. »

Ce vide-greniers semble être un événement important, de quoi s’agit-il ?

« C’est la grande affaire de la deuxième semaine d’octobre, précise Pierre, et tout le monde est mis à contribution : les maris, les amis et même monsieur le Maire qui accepte de publier dans le journal communal, Le Baixanenc, les dates de cette manifestation. Les habitants de Baixas contribuent largement au succès de la journée : on apporte, on achète, on fait même parfois des dons sans rien acheter, juste pour participer ! Si ce vide-greniers est une grande affaire c’est qu’il rapporte ce que nous partageons, en frères, avec des pays si lointains et si pauvres. »

Car c’est bien là ce qui m’a amenée à Baixas : la solidarité internationale dont ce village catalan a su faire sa particularité.

Comment l’équipe Baixas a-t-elle créé des liens avec la Solidarité internationale ?

« Cette démarche, explique Pierre, a été inaugurée il y a longtemps déjà par des actions en Mauritanie, où le Secours Catholique de Baixas a contribué, par la construction de canaux, à fertiliser une région de plaine. Aujourd’hui, c’est Haïti qui a été choisi et qui bénéficie donc de la moitié des revenus apportés par ce vide-greniers. Mais l’équipe considère que c’est bien peu ; on y ajoute donc la moitié des bénéfices générés par la vente des bougies de l’action « 10 Millions d’étoiles ». On espère aussi beaucoup de l’organisation d’un grand repas solidaire, mais chut ! ce n’est qu’un projet… On regrette cette année de n’avoir pu aller, comme les années précédentes, chez un ami, là-haut dans la montagne : nous ramenions des brassées de gui et de houx. Nous les proposions à Noël pour faire encore grossir le montant du don qui partait aider ces frères dans le besoin, là-bas, si loin de Baixas et des vignes catalanes… »

Et voilà comment à Baixas, dans ce petit village de 2 500 habitants, on vous raconte, avec une simplicité désarmante, comment grâce à une incroyable énergie, quelque part dans le monde, des paysans arrosent leurs récoltes et des enfants vont à l’école dans des locaux désormais neufs et sûrs.

Merci, merci à vous tous qui m’avez reçue pour témoigner, merci à Pierre, à Paulette, Thérèse, Marie, Gisèle, Jacques, Claude, Danielle, Martine, merci encore à ceux que j’oublie ou qui ce jour-là étaient absents.

Suzanne Olive

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